Dans la jungle des NFT

Dernière mise à jour : 13 Septembre 2022

A l'occasion de la Binance Blockchain Week où nous sommes présents, nous avons souhaité partager avec vous une brève introduction aux NFTs. Dans cet article, nous nous attardons sur plusieurs concepts fondamentaux tels que la notion de fongibilité, les différences entre coins et tokens et le fameux contrat ERC-721.

Qu’est-ce qu’un bien fongible ?

En économie, un bien fongible peut se consommer et être remplacé à tout moment par un autre bien équivalent, de même nature, genre ou espèce. Il n’a pas d’identité propre. On peut le mesurer, le compter ou le peser. Le sable, l’eau, le blé et l’Euro sont des biens fongibles. Il est possible d’échanger deux pièces sans en changer la valeur : ils sont interchangeables.

À l’inverse, un bien non fongible n’a pas d’équivalent propre. Il est identifié et déterminé individuellement sans équivoque. La valeur d’un tableau lui est propre, celui des Demoiselles d’Avignon de Picasso diffère de la valeur de Guernica et n’a à priori aucun lien direct avec celle d’un tableau d’un autre grand maitre.

La fongibilité appliquée à la Blockchain

Bien que les technologies ayant permis la révolution Blockchain soient nombreuses (Sur les origines des technologies de Blockchain, 2018) et que la pérennité puisse être attribuée à Stuart Haber et W. Scott Stornetta pour leur solution permettant l’horodatage des documents numériques, il est courant de considérer le Bitcoin comme le premier cas d’usage d’envergure de la blockchain dans le domaine des cryptomonnaies.

Dans son papier original (2008), le créateur ou le groupe anonyme connu sous le nom de Satoshi Nakamoto décrit le Bitcoin comme une monnaie électronique et d’échange, sécurisée et inviolable, permettant d’éviter la fraude à la double dépense et sans intermédiaire financier pour fonctionner.

À l’instar du Dollar et de l’Euro, le Bitcoin est une monnaie fongible : deux Bitcoins ont exactement la même valeur et ils peuvent être interchangés et fractionnés (jusqu’à 8 décimales). Cependant et contrairement aux monnaies classiques, il existe une quantité limitée de Bitcoins (21 millions). Cette particularité fait du Bitcoin un actif rare, semblable aux métaux précieux, de plus en plus difficile à extraire et donc sujet à spéculation. Pendant deux ans, entre 2009 et 2011, le bitcoin a donc été la seule blockchain et crypto-monnaie viable au monde. Depuis lors, plus de 20 000 cryptomonnaies ont intégrées cet écosystème.

En 2017, émerge le terme de NFT ou Non Fongible Tokens, littéralement jetons non fongibles : chaque jeton est unique. Cependant, la notion même d’unicité est plus ancienne (2010) et est quant à elle associée au Namecoin, un projet issu du Bitcoin destiné à créer un service de noms de domaines (DNS) basé sur la blockchain. Pour ce faire, Satoshi et Hal Finney ont introduit la possibilité d’intégrer des données dans une transaction Namecoin (cf. Histoire des NFTs)cd. Suite à quoi, Kevin McCoy, en mai 2014, un artiste new-yorkais a l’idée de concevoir “Quantum”, une animation en forme d’octogone, devenue la première œuvre à se voir associer un certificat de propriété de type NFT.

L’idée est révolutionnaire car sur Internet et jusqu’alors, il était très difficile de garantir la propriété d’un actif numérique. Les copies sont simples et donc nombreuses. Les NFT fournissent alors un contrat d’authenticité et un acte de propriété à un objet numérique, qu’il s’agissent d’images, vidéos, animations, photos, sons ou textes.

Le développement des standards

En 2013, Vitalik Buterin s’aperçoit qu’il faut changer le protocole du Bitcoin à chaque fois qu’un nouveau type d’applications apparait et décide de réfléchir à un nouveau standard (cf. Interview de Vitalik Buterin). Ce dernier doit comprendre un langage de programmation complet pour que chacun puisse écrire dans la blockchain les règles de n’importe quelle application. Il rédige en 2013 le livre blanc sur l’Ethereum (ETH), une nouvelle monnaie qui deviendra plus tard le ciment de la révolution NFT. Ethereum s’appuie sur la notion de Smart Contract : un programme qui s’exécute sur la blockchain Ether et capable de définir des règles, comme un contrat normal, et les appliquer automatiquement via le code.

En outre, Ethereum repose sur des ERC (Ethereum Request for Comment) : des discussions ouvertes à toute la communauté en charge de créer des usages sur la blockchain Ether. Bien que toutes n’aboutissent pas, chaque discussion est numérotée (voir la liste complète des ERC). Parmi elles, l’ERC-20 correspond au standard né de la vingtième discussion ouverte. L’ERC-20 s’intéresse aux fonctions nécessaires à la création d’un Token : le squelette commun à toutes les cryptomonnaies développées sur la blockchain Ether. Elle est donc fondamentale à plus d’un titre.

Quelle est la différence entre un Token et un Coin ? Bitcoin et ETH sont des Coins. Ils sont la monnaie de fonctionnement d’une blockchain : les utilisateurs paient des frais de transactions avec ces cryptomonnaies. À l’inverse, tous les tokens créés sur la blockchain Ether sont utilisés pour le fonctionnement d’un projet, des levées de fonds, … Ils sont échangeables contre de l’Ethereum.

Quels sont les standards des NFTs ?

Deux standards sont majoritairement utilisés aujourd’hui : ERC-721 et ERC-1155. L’ERC-721 a la particularité de créer des jetons uniques et durables. Il est aujourd’hui majoritairement utilisé. L’ERC-1155 est une variante de ERC-721. Il peut se substituer à l’ERC-721 car il tente de palier à certaines de ses limites et contraintes. En outre, l’ERC-1155 permet de créer des NFTs non uniques, ce qui le rend particulièrement bien adapté à l’univers des jeux vidéos.

Notez que d’autres variantes apparaissent régulièrement. L’ERC-2981 par exemple a été spécialement conçu pour reverser des commissions aux créateurs lors de ventes dans le marché secondaire.

En résumé, ces standards permettent de créer des images, des vidéos ou tout autre type de documents liés à des smart contracts. Il est possible d’utiliser ces NFT pour des usages très variés. Bien que l’usage principal actuel soit la collection d’images et d’oeuvres d’art, le concept peut s’appliquer partout. Les jeux vidéos commencent d’ailleur à intégrer la technologie pour créer des objets numériques et les rendre vivants à l’extérieur du jeu. Il est également possible d’utiliser les NFT pour émettre des diplômes, des attestations et des certificats… Beaucoup d’usages restent à imaginer.

Comment Alien6 utilise la Blockchain ?

Tout comme nous avions embrassé la révolution Cloud en 2016 et choisi de devenir une entreprise “IA-First” en 2018, nous repensons désormais l’ensemble de nos solutions de sorte à nous appuyer, lorsque possible sur la Blockchain et les NFTs. Nous espérons ainsi offrir de nouvelles opportunités à nos clients, innover plus rapidement et peut-être demain, accompagner de plus en plus d’entreprises à adopter cette révolution technologique. Contactez-nous.

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